Je m'étais dit que je n'écrirais plus de critiques de films pendant un temps, car elles se ressemblent toutes et qu'elles constituent quasiment l'entièreté de ce blog (que je préférerais plus diversifié), mais voilà, j'ai vu de sacrés bon films ces temps-ci et je ne peux me taire davantage.
The Devil's Rejects
"I am the devil, and I am here to do the devil's work."
Un chef d'oeuvre, comparé à House Of 1000 Corpses - qui à mes yeux n'était qu'un exercice de style plus ou moins réussi qui empruntait beaucoup d'éléments à plein de réalisateurs mais ne savaient exactement comment les faire fonctionner.
The Devil's Rejects, par contre, est un film très assuré, qui possède un scénario en béton et des acteurs qui connaissent et maîtrisent totalement leurs personnages.
On voit tout au long du film que Zombie aime ces trois personnages de tout son coeur - ces trois rejets du diable. Il les aime énormément, mais il sait qu'il doit leur dire adieu. Tel un père qui doit alléger les souffrances de ses enfants, il est effrayé par la perspective de les perdre, mais sait qu'il n'y a pas d'issue.
Sauf que, contrairement à un père qui sacrifierait ses enfants, il ne fait pas ça vite et sans douleur. Oh non!
Le film est extrêmement violent, rude, cru, sans pitié. Et les trois personnages principaux paient pleinement pour leurs crimes.
J'ai adoré la dernière demie-heure du film, très intense. J'ai adoré la musique (je suis content que Zombie n'ait pas ploguée la sienne, qui n'aurait pas fité). J'aime le travail de direction photo, j'aime les effets spéciaux (les couteaux qui entrent et qui sortent des corps - et on voit tout), j'aime à peu près tout dans ce film.
En 2005, deux films ont utilisés le classique de Lynyrd Skynyrd - Freebird - de manière extrêmement efficace: Elizabethtown, et ce film. La scène finale donne des frissons. Il s'agit là d'une scène écrite et filmée et montée avec amour, un amour inconditionnel qu'a Zombie pour ses trois enfants chéris.
The Devil's Rejects, une histoire d'amour entre Rob Zombie et les trois bâtards qu'il a créés dans le film précédent. Un film quasiment parfait dans son genre, très stylisé et jouissant d'une réalisation confiante, assurée.
Un des rares exemples où la suite l'emporte haut la main sur le film original!
... ah pis autre chose: Dieu que ça fait du bien de revoir Ken Foree!!! :-D
Batman Begins
"It's not who I am underneath, but what I do that defines me."
Je voulais détester ce film de tout mon coeur.
Je déteste Christian Bale (qui ne sait extérioriser aucune émotion), je ne le voyais pas en Batman, pas du tout, et je déteste le genre de films que fait Christopher Nolan, que fait cette nouvelle génération de réalisateurs qui se fient plus à la technique qu'au scénario.
Et regardez ça deux secondes: cliquez ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ici, et ça continue encore et encore et encore....
Vous ne voyez pas de dénominateur commun?
Le crisse de sépia.
Cette tendance, cette mode de faire des films qui se veulent plus crus, plus "réalistes", plus sauvages... plus près de la noirceur de l'âme des personnages.... ben je sais pas, mais ça commence à me taper sur les nerfs.
La première fois que j'ai vu l'affiche de Batman Begins, j'ai dit: " ah fuck, il vient de transformer Batman en un film qui surutilise le sépia et qui se croit plus réaliste, plus cru... crisse de mode de con... fait dont juste un film de superhéros pis tout le monde va être content".
Pis il y avait les previews, les premières critiques, les résumés... quand j'ai vu Bruce Wayne recevoir une formation dans un monastère tibétain, ce fut fini pour moi: ils ont détruit Batman.
Mais bon, je me suis forcé quand même à regarder le film.
Et crisse que j'ai trippé!!
Mais pas la première demie-heure: les premières 30 minutes étaient tout ce dont à quoi je m'attendais - de la spiritualité bon marché, de la philosophie à la 'mords-moi-le-noeud', un entraînement ridicule et cliché, une interprétation sans âme de Liam Neeson et de Christian Bale (on aurait dit Qui Gon Jinn et Obi Wan...), des symboles idiots et des répliques parmi les plus stupides que j'ai entendu depuis longtemps....
Mais bon, dès que Bruce arrive à Gotham, le film devient intéressant, et se tranforme peu à peu en film de super-héros.
Et il s'avère qu'il s'agit là probablement de l'un des meilleurs - sinon le meilleur - film de super-héros de tous les temps.
Ah pis non - Superman 1 et 2 sont encore ben hauts dans ma liste, et le Batman de Burton est dur à battre lui aussi.
Je comprends que le début du film est important; c'est juste que c'est vraiment trop risible. Tous les clichés sont utilisés lors de son entraînement, et les répliques sont à chier.
Mais à part ça, le film a du punch, un rythme d'enfer, une distribution de rêve, un scénario solide.
Et Christian Bale m'a peu à peu gagné. Je le trouve toujours aussi insipide, mais je sais pas, peu à peu dans le film je le trouvais moins pire...
Les scènes où les gens hallucinent et voient leur pire cauchemar sont vraiment trippantes, et j'ai adoré l'interprétation de Gary Oldman en Commissaire Gordon.
Non, sérieux, ce film est fort et j'ai tellement, mais TELLEMENT hâte à la suite.
Bale ne vaut rien devant Keaton, mais c'est correct, j'accepte son Batman finalement! :-)
Inside Man
"C'mon! You've seen Dog Day Afternoon! You're stalling!"
Je me disait que quand t'as vu un film de prise d'otages tu les a tous vus, mais je me suis trompé.
Rien ne bat Dog Day Afternoon dans le genre, ça tout le monde s'entend là-dessus, mais j'ai personnellement un faible pour le film Cadillac Man, dans un autre ton, avec un Tim Robbins et un Robin Williams au sommet de leur forme.
Le film de Spike Lee s'avère plus intelligent que la plupart des films du genre, et plus déconcertant du même coup.
Le film est raconté en différentes temporalités, et de différents points de vue. De l'intérieur, mais encore plus de l'extérieur - ce qui rend les choses plus intriguantes et augmente le suspense, car on ne sait pas ce qui se passe en dedans le trois quart du temps.
Denzel Washington et Jodie Foster sont égaux à eux-mêmes. Mais la vraie vedette du film est le toujours excellent Clive Owen, qui ici comme dans Closer ou dans Sin City m'a totalement ébloui et renversé. Quand t'as Clive Owen dans un film, les autres acteurs sont mieux de s'attacher comme il faut: il éclipse tout sur son passage.
Le film prend par suprise et est quelque peu désarmant par sa structure qui désamorce le suspense à plusieurs moments, mais qui intrigue tout de même et nous donne le goût d'en savoir plus.
Ce n'est pas un film parfait, ni même un très bon film, mais c'est un bon film, intriguant et qui vous laissera avec une tonne de questions lors du défilement du générique de fin.
Dead of Night
"Just room for one inside, sir."
Un film d'horreur de 1945, produit par les studios Ealing, plus connus pour leur comédies (comme l'hilarant The Ladykillers).
L'un des films d'horreur les plus réputés, et l'un des premiers à utiliser la formule des 4 histoires différentes englobées par une histoire centrale.
L'histoire centrale raconte celle d'un homme qui se rend dans une grande demeure de campagne où se trouvent 6 autres personnes, pour se rendre compte que tous les éléments d'un cauchemar récurrent qui l'empêche de dormir nuit après nuit sont réunis dans cette demeure, que tout est identique à son cauchemar. Intrigué, il décide de rester, et chaque personne se met à raconter des histoires qui traitent de paranormal.
Ayant 4 réalisateurs, le film n'est pas des plus parfaits mais peut encore faire frissonner certains spectateurs, avec ses images angoissantes et ses petits scénarios très bien construits.
Quand j'étais jeune ado - et même un peu avant ça - je fouillais les bibliothèques pour des livres de mystère, les Arsène Lupin, Sherlock Holmes, les anthologies de Hitchcock, etc. Je frissonnais de plaisir (et d'horreur parfois) en lisant ces nouvelles qui se finissaient toujours sur un punch surprenant.
J'ai ressenti les mêmes émotions en regardant ce film: il s'agit d'histoires classiques, n'ayant pas les chocs et les punchs des films modernes - ni les effets spéciaux - mais bénéficiants du talent de réalisateurs compétants et de directeurs photos adroits.
Et les acteurs, en général, sont tous très bons, en particulier Michael Redgrave qui offre une performance époustouflante dans la dernière histoire, celle d'un ventriloque qui en vient à croire que sa marionnette est vivante - un segment qui en a influencé plusieurs autres au fil des décennies, et qui effraya des générations entières de spectateurs (j'avoue que la crisse de marionnette est pas reposante...).
Un très très bon film, que je recommande pour les amateurs de films d'horreur classiques.
JF